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L'admission de la Palestine à l'ONU, un devoir de la communauté internationale

Dusseldorf/Londres, mai 2011

Declarations de l'EJDH

 

L’admission de la Palestine à l'ONU, un devoir de la communauté internationale

Le Proche-Orient est à la croisée des chemins. Les multiples violations du droit international par Israël (poursuite de la colonisation israélienne, blocus de Gaza, violations des droits fondamentaux des Palestiniens) entravent tout progrès vers la paix et ont mis les négociations dans l’impasse. A l’heure où les peuples arabes reprennent en main leur destin, seule une reconnaissance généralisée de l’Etat de Palestine dans les frontières d’avant la guerre de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, peut ouvrir une perspective nouvelle. Cette reconnaissance doit être effectuée par tous les États, notamment ceux de l’Union Européenne. Ceux-ci doivent en effet sortir de la contradiction qui consiste à soutenir financièrement la Palestine en différant de la reconnaître pleinement.

Cette reconnaissance est un devoir de leur part et aucun « feu vert » d’Israël n’est nécessaire. En effet, en droit international, tout État est libre de reconnaître un peuple, candidat à devenir un État. Il s’agit d’une démarche diplomatique indépendante. On notera que le 24 septembre 2010, le président Barack Obama a proposé à l’Assemblée générale des Nations unies de « revenir l'année prochaine avec un accord qui amènera un nouvel Etat membre aux Nations unies, un Etat palestinien indépendant et souverain, qui vive en paix avec Israël ». Depuis, la plupart des Etats latino-américains ont reconnu cet Etat de Palestine. Le 21 avril, le président de la République Nicolas Sarkozy a fait part au président palestinien Mahmoud Abbas de son « soutien très clair aux efforts visant la création d’un Etat palestinien ». Et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé estime que la reconnaissance de l’Etat palestinien est « une hypothèse qu’il faut avoir en tête », mais qu’ « il faut le faire avec l’Union européenne ». Laquelle s’est engagée, le 13 décembre dernier, à en faire autant « le moment venu ».

Cette opinion ne doit pas être un prétexte à différer les décisions. Ce moment est venu. Le président Mahmoud Abbas a entamé une tournée afin d’obtenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine. En Israël même, des personnalités pour la plupart issues du Mossad, du Shin Bet, de l’armée et du monde des affaires ont rendu publique une « Initiative de paix israélienne » en faveur de  la création d’un Etat palestinien à côté de celui d’Israël. Cette initiative a été suivie d’une pétition dans le même sens signée par une soixantaine de personnalités dont dix-sept lauréats du Prix d’Israël, une des plus hautes distinctions en matière d’art, de sciences, de lettres, des universitaires comme Zeev Sternhell et Yirmiyahu Yovel, la fondatrice du parti Meretz Shulamit Aloni. Les signataires rappellent la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU du 29 novembre 1947, qui stipulait « la création d’un Etat juif et d’un Etat arabe indépendants », et reprennent plusieurs phrases de la Déclaration d’indépendance d’Israël du 14 mai 1948. Et ils ajoutent : « Nous avons regardé autour de nous, constaté ce qui se passe dans les pays voisins et nous nous sommes dit qu’il est temps pour les Israéliens de faire entendre leur voix. »

Ces démarches méritent d’être saluées et la communauté internationale doit enfin prendre ses responsabilités sur ce sujet : soixante-quatre ans après le refus du plan de partage de la Palestine, il revient à la communauté internationale d’assurer un règlement définitif, juste et durable fondé sur le droit international. La France et l’Union européenne doivent prendre l’initiative en reconnaissant sans attendre l’Etat palestinien dans les frontières d’avant la guerre de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale et en appelant l’ONU à faire de même sans délai. Selon les termes de la Charte, l’admission d’un nouvel État aux Nations Unies « se fait par décision de l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité » (article 4, paragraphe 2). S’il s’avérait qu’un membre permanent mette son veto à une recommandation proposant l’admission de la Palestine, il faudrait envisager une utilisation de la procédure de saisine de l’Assemblée générale en session extraordinaire («L’union pour le maintien de la paix »). Cela est possible lorsque le Conseil de sécurité bloque par le veto de l’un de ses membres permanents une action décisive pour le maintien de la paix, sur la base de la résolution 377 de 1950. La paix dans la région passe, à n’en pas douter, par la normalisation de la situation de la Palestine et son admission sans réserve dans la communauté des États. L’Assemblée générale devra alors prendre ses responsabilités.

Mais les seules autorités nationales et internationales ne peuvent aller dans ce sens si l’opinion publique mondiale ne les soutient pas. Il faut donc la mobiliser. C’est pourquoi les personnalités et les intellectuels de toutes origines, tendances et sensibilités  sont invitées à se joindre à cet appel. Pour que la paix l’emporte sur la guerre. Pour que le droit international ne soit pas fait de promesses mensongères. Pour empêcher de nouvelles tragédies. Pour assurer l’avenir des deux peuples vivant sur cette même terre.

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